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Turn around please

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Description :

" Après l'avoir regardé droit dans les yeux, j'ai compris que quelque chose n'aller pas chez elle, mais quoi ? "

" C'était juste histoire de voir ce que ça ferais, une simple histoire d'un soir comme ça...et puis, il est revenu, mais sachant que j'étais déjà avec un garçon amoureux et un philosophe auquel on ne peut résister, je ne pouvais pas aller plus loin avec lui. Et un jour, quelqu'un m'a parlé de la vie, je me souviens seulement que jouer avec les gens ça ne se fait pas et que certaines choses devaient changer chez moi...mais refaire quelqu'un de A à Z c'est impossible n'est-ce pas ? "

" Et moi qui pensait que personne n'était capable de me rejeter, je me suis trompé. "

" Tu es en train de gâcher ta vie, comme j'ai gâché la mienne avec toi, tu n'as aucun moyen de faire marche arrière ! "

" Pourrait-elle changer pour moi ? "

" L'ambition de le faire, c'est ta seule arme. "

" L'homme a besoin de braver l'interdit et n'oublie jamais qu'il est interdit d'interdire. "

" Tu peux faire ce dont tu as envie ou bien faire ce que les gens qui t'apprécie te dise, c'est à toi de décider..."

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Prologue

Avec des " Si " on peut refaire un monde, on peut en refaire un nouveau, tout neuf. Seulement, le mien n'est pas à refaire, je n'ai aucunes plaintes a balancer à quique se soit. Ma vie me convient comme elle est. J'ai tout ce qu'il me faut autour de moi : de l'argent qui ne manque pas, un garçon amoureux, du stop pour me rendre dans des soirées, des potes qui me donnent ce qu'il faut pour s'amuser, ...

Un seul problême. Lui. Ce garçon que je ne connais pas, que j'ai rencontré suite à un Trip prêt à partir en bad. Il s'est juste passé une nuit entre nous deux, une simple nuit, comme toutes les autres. Seulement le lendemain, il était là devant moi, comme si on s'était fait une promesse. Mais je ne lui ai jamais demandé de revenir, au contraire j'aurais préférer qu'il m'oublie. Comme je l'avais oublier après ma descente. Même lorsque tout va bien autour de nous, un seul grain de sel peut tout faire basculer. Un putain de minuscule grain de sel. Et le reste suit.

Ancienne fiction
terminé *

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#Posté le dimanche 20 décembre 2009 08:29

Modifié le dimanche 10 janvier 2010 06:21

Chapitre 1

Lubna Owl, un prénom et un nom. Ils ne signifient pas grand chose, seulement un prénom choisis par ma mère et un nom dont je ne connais pas le donneur. Je suis née un jour parmis les trois cent soixante quatre autres de l'année. Enfin les chiffres me donnent mal à la tête plus qu'autre chose, j'ai une préférence pour la Philo.
- Mlle Owl connait sûrement la réponse, Mlle Owl ?
J'ouvre seulement mes yeux à moitié pour voir à seulement quinze centimètres de mon visage la bite de mon prof' de Bio. Je relève la tête pour voir ses bras croisés, sa bouche souriante pour quelqu'un qui est debout au plafond et ses yeux faire un tour je ne sais où.
- La sieste est bonne au moins ?
- Est-ce que vous m'écouterez si seulement je vous répond ? Vous avez les bras croisés ce qui signifie que vous vous fermez au dialogue.
- Dehors !
Il me traine de force jusqu'à la porte avec mes affaires de cours.
- On apprend ça en communication non ?
Je me retrouve dehors, la porte claqué au nez, et les éclats de rire de mes camarades à l'intérieur. Direction le bureau des surveillants, première de l'année, vive 2010.

- Salut Sophie, la CPE est là ?
- Salut Lubna...euh non elle vient de partir, tu vas devoir attendre demain, viré de cours ?
- Juste parce que j'me suis reposé un peu...J'vais en salle de perm'
- A plus tard.
La salle est vide, finallement j'vais aller dehors. Deux trois mecs qui discuttent, du monde sur l'herbe mouillée de ce matin. Je m'appuis contre le rebord d'une fenêtre, observant Charlie, près des escaliers, de l'autre côté du lycée.
- Excuse moi est-ce que t'aurais....
- Ouais tiens, tu peux me tenir ma clope je reviens !
- Ok.
Je lui donne mon tabac étant donné qu'il était prêt à me réclamer une cigarette. Je me dirige d'un pas décidé vers Charlie, gardant mes yeux dans les siens.
- Ca va ?
- J'ai appris ce que t'avait pris à la soirée du 21 Lubna, merci a tout le monde qui le savait exepté moi. Et toi ça va ?
- Si t'es de cette humeur ouais !
Je l'embrasse contre sa volonté avant de m'en allé chercher ma cigarette et mon tabac. Je reprend ce qui m'appartient et le gars me remercie d'un signe de tête. Je tourne mon regard vers Charlie qui cette fois-ci me tourne le dos. Notre histoire est infantile, pudique et ne rime à rien de mon côté. Trois mois qu'on est ensemble, j'ai découvert par la suite qu'il était anti-clope et anti-drogue, les deux choses dont je ne peux pas me passer. Seulement il est amoureux, mais je le considère plus comme un pote à qui je roule des pelles. Nous sommes les deux extrêmes.

Je jette ma cigarette sans l'avoir terminé et me rend à notre lieu de rendez-vous habituel : un bureau utilisé un seul jour par semaine. A peine ai-je refermé la porte derrière moi qu'elle s'ouvre sur lui, il dépose son sac dans l'entrée, prenant soin de bien refermé la porte à clé. Ses yeux noirs plongent dans les miens et nos mains s'entremêlent très vite. Nos respirations s'accelèrent et je sens le désir monter aussi vite que l'adrénaline. Nos corps ne faisant plus qu'un, l'espace de quelques instants, juste ce qu'il me faut pour me sentir bien. La sensation de s'injecter un remède merveilleux dans les veines alors que ce n'est qu'une simple relation. Cette relation en revanche est basée sur la sensualité et la philosophie des mots. Oui ses mots m'appaisent et me font me sentir plus vivante, plus présente. C'est une simple relation mais de mon côté je la trouve complète, même si le mot amour n'en fait pas parti.
Nous nous rhabillons avec pour seules paroles le silence et nos regards qui se sourient comme toujours. Avant de sortir du bureau il se penche une dernière fois pour m'embrasser.
- On se voit en cours.
- Pour rien au monde je ne le louperais.


Je n'ai jamais sur décrire ce que je ressentais pendant ses cours. A chaque cours de Philo c'est la même chose, je reste scotché sur lui et réfléchit à une vitesse phénoménale sur le moindre mot qui sort de sa bouche. Sa façon de captiver la classe avec son beau regard noir me fait frissonner. Ces yeux, qui au final m'appartiennent puisque c'est en me regardant qu'il prononce chacunes de ses phrases.
Charlie n'est bien évidemment pas au courant de cette relation...en revanche M. Isson sait pour Charlie.

(...)

Si je ne cours pas plus vite je louperais mon bus, seulement la cigarette aussi mauvaise soit-elle pour la santé, réduit également mon endurance et donc mon incapacité à accélérer. Arrivé à l'extérieur du lycée je ralentis mon pas n'en pouvant plus et sentant le besoin d'une dernière dose de nicotine. J'aperçois mon bus à 300 mètres et trouve le temps de m'allumer une cigarette en chemin que j'avais rouler à la récré dernière. Je marche d'un pas plutôt lent en direction de l'arrêt, où tout le monde n'est pas encore monté dans le bus qui me ramènera chez moi.
- Lubna !
Charlie décide de m'arrêter, j'ouvre la bouche pour lui dire ce que jai à dire mais il me plaque la main sur la bouche.
- Excuse-moi pour tout à l'heure....c'est juste que j'aime pas trop que tu prenne ce genre de truc. Je t'aime Lubna...
- U peut enlver ta main te plait ?
- Pardon !
- Merci, je dois prendre mon bus Charlie, on se voit demain d'accord ?
- Ouais, a demain.
On s'embrasse une dernière fois, histoire de faire comme un simple couple de lycéens qui ne connait pas autre chose que les bisous. Je rentre dans mon bus et trouve deux sièges de libre pour une petite demi-heure de trajet.

De mes clés j'ouvre la porte d'entrée, le sol est sale, il va falloir que je lave ça ce week end. Ma mère est allongé sur le canapé, dans une position habituelle pour elle et moi, dérangeante pour les gens extrieurs à notre vie. Je ramasse dans le placard les deux bouteilles à moitié vides qu'elle avait déposé sur la petite table. Je dépose une simple couverture sur son corps endormi et si frêle. D'un coup d'éponge je nettoi la table basse et dépose le verre qu'elle n'a pas utilisé dans l'évier. Dans ma chambre, rien n'a changé depuis ce matin, ma mère n'a pas du bouger de la journée. En relevant la tête vers la fenêtre je vois un post-it accroché au dehors de la vitre. J'ouvre la fenêtre et lis ce petit papier jaune où de simple mots sont écrits de la main d'une connaissance.

Tékos.8pm.behind swimmng p.
Come on.

Ce genre de messages me donne le sourire, je l'accroche avec tous les autres écrits par la même main sur mon mur. Je me déshabille en vitesse et me glisse sous la douche. En sortant j'entend ma mère se cogner contre les meubles et les insulter. Je m'habille, attrappe mes cigarettes et sort de ma chambre pour me retrouver face à face avec elle.
- Lub'...où est-ce que t'a mis ma bouteille ?
- Dans le placard maman, j'peux manger avec des copains ce soir ?
- Rentre pas trop tard.
Elle retourne en direction du canapé, ayant du mal à tenir sur ses jambes. Je sors de la maison en prenant bien soin de fermé à clé derrière moi. Je marche alors le long de la route, tendant mon pouce lorsque j'entend un véhicule arriver derrière. Au bout de dix minutes de marche, une voiture rouge que je reconnais s'arrête, la porte arrière droite ouverte pour moi. Ils sont tous les trois comme toujours, je rentre avec le sourire à l'intérieur et déjà on me donne ce dont j'ai besoin pour ma soirée.
- Merci Tod.
Je l'embrasse sur la joue et il commence à m'interpréster le sketche du grand timide. Je souris.
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#Posté le mardi 22 décembre 2009 15:53

Modifié le samedi 26 décembre 2009 15:51

Chapitre 2

Je suis à peine rentré qu'on me donne déjà un verre. Je prend le morceau de buvard dans mon soutient-gorge, le casse en deux et avale une des deux moitié en buvant mon verre de vodka pur. La musique super forte me mène à la piste avec les garçons, dont Keane qui a laisser le post-it sur ma fenêtre. Je sens le LSD monté tout doucement. Les garçons commencent à me faire explosé de rire. Je me sens bousculé par tout ce monde qui danse et j'attérit alors sur un fauteuil à côté d'un gars qui n'a pas l'air dans son assiette. Un verre d'alcool à la main, ses yeux fixant le sol, son pied remuant. D'une main tremblante je lui tends ma deuxième moitié de LSD. Il la regarde, me regarde, le regarde de nouveau et pose ses yeux sur moi qui suit dans une position très inconfortable.
- C'est....
Je hoche la tête avant qu'il ait terminé sa question, il le prend et l'avale avec son verre. Ses yeux se reposent alors sur moi, d'un air mélancolique. Une des premières choses que j'arrive à percevoir chez les gens est le tristesse dans leur regard. C'est la première chose que je détecte chez lui, mais qu'elle en ai la cause ?
- Merci, on se connaît ?
- Non je crois pas mais vu ta tête un trip te feras pas de mal.
- Tu t'appelle ?
- Lubna, ça monte ?
- Ouais...ça commence.
Il termine son verre le regard dans le vide, je lui propose alors d'aller fumer une cigarette, ce qu'il accepte.

Dehors il y a plein de gens qui comme nous se détruisent les poumons avec de grosses bouffées de nicotine. La balle qui commence à monter me fait tout oublier, la cigarette qu'il m'a donné se consume toute seule tellement j'apprécie. Je plane, rêve et oublie...
- C'est normal d'avoir la tremblote ? me demande-t-il.
- Ca déppend des gens en fait, c'est ta première fois ?
- Ouais...ouahh C'est génial ! J'ai l'impression de m'envoler...
- Ha ha ! T'es du genre à exprimer c'que tu resens toi !
- Pas vraiment en fait...j'me sens planer c'est vraiment cool !
Il me fait éclater de rire plusieurs fois à exprimer ce qu'il resens dès qu'il ouvre la bouche. Depuis que nous sommes dehors, il ne cesse de sourire.
Nous rions à nous en étouffer tous les deux. Son rire est extra. Nous tournons tout doucement sur nous même, les bras écarter, les yeux dans le ciel. On s'éloigne de la salle où la musique résonne dans la nuit noire, sans nous en inquiéter.
Je ne le connais pas du tout, pourtant c'est comme si c'était quelqu'un avec qui j'aime m'éclater chaque week end. D'un seul coup il me prend a plat ventre sur son épaule, la tête à l'envers et il nous fait tourner. Je cri en riant pendant qu'il commence à faire la grosse voix du méchant.
- Repose moi par terre ! Autrement ton pantalon va savourer ma gerbe !
Il me repose tout doucement en souriant de ses dents blanches grâce à la lune. Je jette ma énième cigarette avec le bout de mon index et lui souris à mon tour les yeux plissés. Ses lèvres se rapprochent alors des miennes, tout doucement, mon sourire s'efface et laisse ses lèvres prendre possession des miennes. Ses mains passant sous mon tee-shirt nos deux corps se rapprochant. Lorsque son visage s'éloigne, je le regarde dans les yeux, n'exprimant aucuns sentiments. Je prend sa main dans la mienne en lui faisant un sourire rassurant et l'invite à me suivre.

- On va où ?
- Tu pose trop de questions, suit moi !
Il resserre sa main autour de la mienne et me suis en me faisant un sourire que je trouve...très charmeur. Lorsqu'on rentre dans la salle, sa main commence à trembler dans la mienne, on se faufile entre tous les gens qui dansent sur la piste jusqu'à ce qu'il s'arrête en plein milieu.
- Attend Lubna !
- Qu'est-ce que tu fichais ?! On t'a cherché partout bordel ! l'engueule un grand costaud.
- Désolé les gars j'dois y aller...
Il me montre avec ses yeux à ses amis en haussant des épaules et nous repartons. Après la marée humaine, je l'emmène dans la cuisine où une petite porte bien cachée nous mène à un escalier très étroit.
- On est où là ? me demande-t-il.
- Là où personne ne nous dira ce qu'on doit faire.
J'ouvre une dernière porte en haut de l'escalier qui le laisse sans voix. Je lache sa main et rentre dans la pièce la plus simple que je connaisse, sauf qu'elle est au dessus d'une grosse salle de fêtes. Un matelas qui ne sert jamais, avec sur le côté des draps et une petite table basse avec aucune tache dessus.
- Ouahou, c'est impressionnant...
- Ou simple.
Je m'assois par terre à côté de la table basse pour commencer à rouler un join. Seulement il a d'autres plans pour notre soirée, il me murmure à l'oreille un " J'ai une meilleure idée " et commence à m'embrasser. Je me laisse faire en répondant à son baiser. On finit allonger sur le lit dénuder. Ses mains douces sur mon corps. Ses mains douces et à la fois dur sur le bout des doigts. Je n'hésite pas une seule seconde à le suivre dans sa manoeuvre, je ne le regretterais pas demain, puisque demain, il sera seulement un souvenir que j'aurais oublier. Ses lèvres sur mon corps me font frissonner, son corps musclé et mince à la fois m'apparait comme parfait. Je sais très bien que pour lui c'est le trip qui fait monter ce désir, pour moi aussi mais je sens qu'il n'est pas très bien dans sa peau et qu'il a besoin de tout ça.

Il est essouflé, ses yeux sont ancré dans les miens, je lui souris et l'embrasse une dernière fois avant qu'il se couche sur le côté.
- Pour quelqu'un sous trip tu te débrouille pas mal ! me lance-t-il.
Cette phrase me laisse un peu bouche bée mais pas question de ne pas répliquer.
- Et toi qui avait l'air mal avant d'en prendre un on peut dire que tu te débrouille....
- Quoi ?! J'me débrouille seulement ?!
- Estime toi heureux que j'te fasse un compliment, j'en fais jamais.
- Euh...Merci alors. J'avais l'air si mal que ça ?
- Le genre qui a besoin d'une forte dose d'alcool ou d'un trip pour aller mieux en fait...
- En réalité, j'étais pas si mal que ça. C'est pour moi le genre de moment où j'me pose un peu trop de question sur ma vie, mes choix, mon avenir...
- Juste un conseil, le mieux est de ne pas se poser de questions, personne n'a le droit de t'empêcher de faire ce dont tu as envie. Mon prof' de Philo dis toujours qu'il est interdit d'interdire. Ca veut dire que personne ne peut t'empécher de faire quoique ce soit. Tu peux faire tout ce que tu veux.
- Je peux te demander quelque chose alors ? demande-t-il avec une moue d'enfant.
- La question est idiote, mais pose la suivante.
- Je peux t'embrasser ?
Je souris et approche mon visage du sien. Il place ses mains correctement autour pour pouvoir se retrouver à nouveau juste au dessus de moi.


Cela fait plusieurs heures qu'il s'est endormi en revanche moi c'est depuis le cours de Bio que je n'ai pas fermer l'oeil. J'enlève ses bras qui sont autour de moi et renfile mes vêtements de la veille. J'attrappe mes cigarettes et lui pique son briquet qu'il avait posé sur la table basse. De toutes façons on ne se reverra jamais et lorsqu'il se réveillera son mal de tête lui fera oublier la nuit qu'il vient de passer.
Je sors de la salle en faisant le moins de bruit possible. Je commence a marcher le long de la route, à droite pour pouvoir tendre le pouce lorsqu'une voiture approchera. Je n'ai pas mes affaires de cours mais ce n'était pas prévu que je dorme sur place non plus. Au bout d'une vingtaine de minutes de marche, toujours pas de voiture, j'allume une cigarette et essaye de deviner l'heure malgré la nuit encore là et les lampadaires allumés. Sept heures et demi voir même plus tôt. Une voiture s'arrête enfin, un visage du lycée à l'intérieur.
- Y'a moyen que tu m'dépose au lycée ?
- T'as de la chance, je passe jamais par là d'habitude.
Il m'ouvre sa portière avant, je rentre à l'intérieur avec une impression d'être sale mais moins que la voiture, étrange comme sensation.

Je le remercie comme une digne petite fille modèle en descendant et cours jusqu'aux toilettes du lycée pour me rafraichir le visage. J'ai juste le temps de fumer une cigarette et de me diriger vers ma première heure de cours. Jusqu'à ce qu'un débile d'une classe supérieur m'interpèle.
- Lubna Owl, dégaine de clocharde, pas d'affaires de cours...Tu sors de ton taudis c'est ça ?
Je fais demi-tour pour m'approcher de lui, cet idiot. Je ne dis strictement rien, reste face à lui et le regarde droit dans les yeux, sans haine, sans rage.
- Tu ne vas pas me dire que tu ne fais pas le petit stéréotype de la petite fille malheureuse avec tout qui va mal dans sa vie ? Hein Lubna ? Avoue ta vie c'est d'la merde, ta mère est quasi morte et toi t'arrive en cours comme si t'avais dormi sous les ponts cette nuit...avoue que ça fait stéréotype de la petite malheureuse non ?
Ma main se met directement autour de son cou très maigre, la sienne se met dessus.
- Arrête Lubna...tu vas m'faire mal...
Son sourire est toujours présent sur ses lèvres. Son sourire plus mesquin qu'autre chose, son sourire que je commence vraiment à détester. Ma main se ressere autour de son cou, son sourire commence à disparaitre.
- Lache moi ! Aïe ! Bordel Lubna lache moi !
- Chut je pourrais te faire mal tu sais, espèce de petit merdeux, qu'est-ce que tu sais de moi ? Hein ?! C'est du vent tout ce que tu sais va falloir revoir tes sources, et pour info je n'ai pas dormi sous un pont !
Ma deuxième main vient se joindre à l'autre autour de son cou, jusqu'à ce que quelqu'un me pousse. Charlie.

- Qu'est-ce qui te prend Lubna t'es folle ou quoi ?
- Ouais écoute ton copain un peu.
Il se masse le cou d'une main et s'éloigne en me lançant un regard aussi noir que le ciel. Charlie s'approche presque avec peur de moi mais me prend tout de même la main dans la sienne.
- Qu'est-ce qui y'a Lubna ? Pourquoi t'as fait ça ?
- Par pitié Charlie fous moi la paix !
- Mais explique moi au moins que j'puisse comprendre !
Je m'éloigne tout doucement en lui tournant le dos, balançant la main en arrière pour lui faire comprendre qu'il devrait laisser tomber. C'était juste un petit moment de rage à cause de ma nuit blanche, rien de plus.
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#Posté le dimanche 27 décembre 2009 06:40

Modifié le vendredi 08 janvier 2010 14:27

Chapitre 3

Je m'étais promis que cette année scolaire serait réussi, seulement je sèche en ce moment ma deuxième heure de cours. Merde. Je donne un coup de pied dans le cendrier fixé au mur du lycée. Bien évidement il ne bouge pas d'un milimètre et mon pied me fait mal maintenant. L'heure de la récré sonne et les trois quarts des élèves sortent pour prendre un cancer ou tout simplement sept minutes de vie en moins.
- Lubna ça va ? me demande Charlie.
- Oui ça va, tinquiète pas.
Un sourire forcé, mais ce garçon arrive à tout percé en moi.
- Pourquoi tu t'es énerve tout à l'heure ?
- J'ai fait une nuit blanche...j'ai pété un plomb c'est tout.
- Tu tremble...t'as froid ?
- Non ça doit être le manque de sommeil...
Je jette ma énième cigarette par terre alors que le cendrier est à côté presque vide. Charlie me donne quand même sa veste en partant, persuader que je suis morte de froid. Il va falloir que je lui dise un jour que nous deux c'est pas possible...Je couche avec Zwen dans son dos, je ne suis pas amoureuse alors que lui il fait tout pour moi. Les élèves rentrent en groupe ou seuls jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne dehors.

La neige commence alors à tomber, normal si l'ont peut dire. Les flocons qui tombent dans ma nuque me font frissonner, je passe ma main autour de mon cou, je ne sens plus ma chaîne en argent. Merde c'est vraiment la seule chose à laquelle je tient vraiment. J'ai du la perdre hier soir, fais chier ! Je regarde le sol qui commence petit à petit à devenir blanc, je ne l'ai sûrement pas perdu ici. C'était vraiment le seul objet que je ne voulais pas perdre. Dix-neuf ans qu'elle était à mon cou et j'ose la perdre un jour aussi banale que ça. Un nouveau coup de pied dans le cendrier. Quand on se retrouve seul dehors avec rien de particulier à faire on a le temps de se poser certaine question. Du moins c'est ùmon cas et une me trotte dans la tête depuis plusieurs minutes. C'était quoi son nom déjà ? Impossible de me souvenir du prénom du gars avec qui j'ai couché cette nuit. Impressionnant. Mais ce que j'ai fait cette nuit c'était pour lui rendre service, je ne couche pas avec des inconnus d'habitude, ça m'est arrive une fois de le faire avec un copain, pour lui rendre service aussi.

Je fouille mes poches et trouve à peine cinq euros, il faut que j'aille faire des courses. Je me met en route en baissant la tête pour éviter les flocons dans les yeux. Je relève la tête seulement pour regarder ma direction, mes yeux sont fixés sur le sol, blanc maintenant. Sur le sol apparait soudain deux chaussures, je m'arrête face à son propriétaire et relève tout doucement ma tête découvrant un jean beaucoup trop grand, un tee-shirte et une veste ouverte par dessus, trop grande également et puis son visage. Putain.
- Qu'est-ce que tu fiche ici ?
- Excuse moi d'arriver comme ça Lubna...je
- Ecoute, ce qu'il s'est passé cette nuit c'était du LSD, de l'alcool et du sexe rien de plus ok ?
- T'as l'air frigorifié, viens j't'emmène boire quelque chose de chaud Lubna.
Sa main se pose sur mon poignet que je retire. Son regard, l'horizon...
- Non, nous deux c'était simplement une nuit et ça s'est terminer lorsque je suis partie. J'ai des trucs à faire laisse moi.
- Lubna s'il te plaît, tout ce que tu m'as dit cette nuit comme quoi c'était à moi de faire mes propres choix , je veux en faire un des premiers depuis plusieurs années, revoir une fille après une nuit. Ma vie c'est histoires d'un soir sur histoires d'un soir, s'il te plait laisse moi faire quelque chose de ma propre initiative, tu m'as dit toi même qu'il était interdit d'interdire...
Je le regarde dans les yeux. Ses yeux marrons qui m'expriment dangerusement la sincérité de tout ce qu'il vient de dire. Je le contourne et continu ma route en espérans qu'il ne me suive pas. Mais j'entend très vite ses pas sur les graviers.
- Je suis plus obstiné que ça ! Crois-moi !
- Très bien pour toi ! Moi c'est non personellement, et puis j'en ai rien à foutre, je connais même pas ton prénom alors fais ce que tu veux, je crois que t'es majeur non ?
Il court jusqu'à ma hauteur et du coin de l'oeil je le vois tourner son visage vers moi.

- Tom, je m'appelle Tom.
- Super Tom. Adieu Tom.
Il rigole et règle son pas à la même vitesse que le mien.
- Sache que hier soir je t'ai juste rendu un service Tom, rien de plus. Ne pense pas qu'il pourra se passer autre chose entre nous deux. Niveau sexe et amour j'ai ce qu'il faut ici.
- On peut rester amis à ce moment là !
- Non.
Voilà pourquoi il n'aurait pas du revenir, il m'énerve tout simplement, comme tous les gens qui peuplent cette planète, quoique, il est pire que tous. Nous commençons à monter la côte qui mène à l'unique supermarché de cette petite ville. Avec le si peu d'argent que j'ai je ne pourrais rien acheter de correct pour manger ce soir, je pense qu'à dix-neuf ans passé il va être temps d'abandonner l'école pour me trouver un travail.
- On va où en fait ? me demande-t-il.
- D'abord c'est moi qui y va, ensuite ça ne te regarde pas.
- Ouais...
Son téléphone sonne, il décroche avec un air de mécontentement sur le visage.
- Allo ?....oui....oui...non...Excuse moi mais ce sont les seuls mots qui me viennent à l'esprit, non je ne viendrais pas...ça te va...moi aussi je t'aime.
- C'était ta petite amie, tu devrais la rejoindre elle va s'inquiéter.
- Non c'était mon frère qui se prend une fois de plus pour le premier venu au monde alors que c'est moi, de dix minutes mais quand même, c'est moi l'ainé.
- Un frère jumeau, encore mieux, il doit être pire que toi non ?
- Presque, mais je suis le meilleur rassure toi.
- Tom par pitié va-t-en.
- C'est une option mais je choisis toujours celle là alors pour une fois je vais prendre plus compliqué.
- Faut que ça tombe sur moi bien sur...
On arrive enfin au supermarché, j'essaye d'accélérer mon pas pour qu'il cesse de m'adresser la parole mais il arrive à marcher aussi vite que moi, sans ajouter de commentaire. En entrant dans le magasin je me dirige directement à l'accueil pour m'adresser à la réceptionnsite.

- Excusez moi, est-ce que le magasin cherche des salariés en ce moment ?
- Euh non pas spécialement mais si vous avez une qualification particulière on peut peut-être voir...
- Une quoi ?
Elle parait surprise de ma question, soupir mais me répond quand même :
- Vous avez des diplomes ? Un Bac, un BTS...
- Euh non j'ai pas le Bac mais...j'ai un baptème de voile autrement...
- Il faut au moins un Bac pour être un salarié ici.
Je la regarde méchamment et me dirige vers les rayons du magasin, Tom sur les talons.
- Si tu cherche du travail j'peux t'en trouver en ville si tu veux ! Lance-t-il tout fier.
- Si c'est une boîte de strip-tease non merci Tom.
- Mais prend pas tout ce que je dis comme ça, j'ai...si on veux des relations un peu partout, tu voudrais travailler dans quoi ?
- Je ne veux pas non plus d'un piston merci.
Je prend une bouteille d'alcool et un paquet de café puis me rend à la caisse, Tom n'ouvrant plus trop la bouche, mais je sens son regard sur moi et je deteste ça. Il est toujours derrière moi lorsque je m'aprête à payer à la caisse, la caissière me demande quatre euros et soixante dix neuf centimes. Je regarde les dernières pièces de ma poche, quatre euros trente, trente et un, trente deux...
- Je vais pas prendre le café finalement, juste la bouteille.
- Attend Lubna, il te manque combien ? me demande Tom.
Je le regarde sortir son porte feuille. Non pas question.
- Rien du tout puisque je ne prend pas le café.
- C'est bon j'peux payer pour même pas un euro j'suis pas à ça prêt tu sais.
- Oui mais moi je ne pourrais rien te rendre, alors range ton argent, vous pouvez prendre en compte juste la bouteille s'il vous plait ?
- T'as pas besoin de me rendre pour trois pauvre centimes...
Il sort un billet de 20 euros et le tend à la caissière. Bordel.
- Range ton argent Tom, c'est moi qui paye, enlevez le paquet de café s'il vous plait !
- Je prend l'argent de qui au final ? demande-t-elle, les gens attendent !
Tom est malheuresement plus rapide que moi et arrive à donner son billet, je lui lance un regard noir, prend les articles et laisse les quatre euros et quelques à Tom.

Le temps qu'il récupère sa monnaie, je me suis déjà éloigné d'une centaine de mètres du supermarché. Il arrive très vite à me ratrapper, penchant sa tête et tournant son visage vers le mien.
- Pourquoi t'as pas voulu que je paye ? Ca me dérangeait pas du tout.
- Oui mais moi ça m'a dérangé, je déteste ce genre de situation...le genre de situation où je ne peux rien faire...
- Ecoute l'argent pour moi c'est le dernier de mes soucis alors t'en fais pas pour ça.
Je n'ajoute rien, mais je suis sûr qu'il ne comprend rien. Je coince la bouteille dans mon pantalon en la recouvrant du gilet de Charlie, je garde le paquet de café dans la main et commence à me mettre en direction de chez moi, tendant le pouce gauche.
- Lubna attend, j'ai une voiture garée en bas, j'peux te ramener chez toi si tu veux.
- Merci mais je crois que t'en a fait asser pour aujourd'hui Tom.

Une voiture s'arrête très vite pour me prendre, Tom m'envoi un dernier regard, le genre de regard que je déteste chez tout le monde. Un regard de pitié. La voiture me dépose à une demi-heure à pied de ma maison bien enfoui dans la campagne.

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#Posté le samedi 09 janvier 2010 14:08

Modifié le samedi 13 février 2010 13:35

Chapitre 4

Lorsque je rentre à l'intérieur, ma mère est déjà levée, je pose la bouteille et le café sur la table qui ne sert aujourd'hui à rien. Ma mère m'approche en s'appuyant sur la table pour ne pas s'écrouler.
- Tu m'as acheter une bouteille Lub' ?
- Ouais sur la table là ! J'ai pris du café aussi.
- D'accord. L'école à appeller t'étais pas en cours ?
- Je...je vais arrêter l'école....
- Mmm
Cette réponse m'éloigne d'elle et me conduit sous la douche bien chaude qui m'apparait comme une renaissance après cette soirée, cette nuit et cette matinée. Je ne retournerais pas à l'école demain, personne ne sera au courant, j'appellerais l'école pour leur dire que je déménage. Un simple sac avec peu de vêtements suffiront, les 50 euros que j'ai réussi à garder du job de cet été me permetront de me rendre las bas. En ville. Hambourg. Ma mère sera incapable de se débrouiller seule mais je n'éprouve aucun sentiment pour elle et je n'ai aucune envie de rester ici encore deux ans jusqu'au Bac. Ca fait dix ans que je m'occupe d'elle de cette façon il est peut être temps que ça change.

Je sors de la douche, m'essui le corps et les cheveux et observe mon reflet flou dans le miroir plein de buée. Ca ressemble à ce qu'il y a dans mon cerveau. Le flou total. Mon maquillage à coulée et forme deux gros ronds noirs sur chaque coté de mon visage. Je m'habille avec les vêtements propre que je trouve et lance une machine a laver avec mon linge sale de la semaine. Dans ma chambre tout à était retournée. Ma mère est passé par là. J'attrape un sac de voyage et lance dedans le peu d'affaires propres que j'ai ici. Sur la fenêtre un nouveau post-it. J'ouvre la fenêtre pour le récupérer et lis un message que je ne lirais plus les prochains jours.

Orgy Party Tonight
To me
Please L.

La dernière. J'irais bien évidement, mais demain avant midi je ne ferais plus partie de cette petite ville. J'essaye de ranger un peu ma chambre et cherche quelques trucs inutile à aporter pour ma nouvelle vie, je trouve seulement un livre que j'ai lu et relu. Kafka sur le rivage. A part des fringues de l'argent et ce bouquin je ne vois rien. Des briquets vides, des vieux paquets de tabac et des morceaux de cartons de mes paquets de feuilles ne me serviront à rien. Je trouve en revanche l'argent que j'avais mis de côté il y a six mois. Je glisse les billets de dix euros dans la poche de mon pantalon. Je ne vois vraiment pas ce que je peux prendre de plus. Ma carte d'identité me pénalisera plus qu'autre chose, je la jette dans la poubelle avec mes feuilles de cours de cette année. Je trouve dans mon armoire un carnet pleins de belles phrases trouver dans des chansons ou des livres il y a deux ou trois ans, je le glisse soigneusement dans mon sac et range le reste de bordel qu'à mis ma mère dans ma chambre, à la recherche de je ne sais quoi.

Lorsque la machine à terminé je met mes affaires mouillées dans un sac en plastique. Je les mettrais à sécher ce soir. Mon sac est prêt, même pas plein mais prêt. Ma chambre rangée. J'enfile mon manteau et sors de ma chambre en fermant bien la porte derrière moi. Ma mère est allongé sur le canapé, elle somnole à moitié. Je sors de la maison en fermant à clé, laissant les clé dans le pot de fleur. Je n'en aurais plus besoin.

(...)

Arrivé chez lui je met mes affaires encore mouillées dans le sèche linge, il y a quelques personnes d'arrivé, déjà bourré. Il est seulement dix-huit heures. On me propose une bière que j'accepte en écoutant la conversation du petit groupe de six personnes. J'écoute sans vraiment essayer de comprendre. Ils parlent de musique étrangère. Sud Américaine je crois. Les autres invités arrivent tous en même temps une heure plus tard. Seulement ils m'apparaissent tous comme des gamins. Je n'ai aucune envie de parler avec eux, ni même de boire. Alors j'enchaine les cigarettes. Les fumant dehors, à l'intérieur, sur le canapé, sur une chaise, dans la cuisine, à la fenêtre, dans les chambres, la salle de bain...

- Tu serais pas Lubna par hasard ?
- Si, enfin c'est mon prénom peut être que tu confond avec quelqu'un d'autre...
Je n'ai jamais vu ce mec de ma vie et pourtant il connait mon prénom.
- Tod m'a parlé de toi, petite, de beaux yeux et un joli petit nez...je trouve que tu correspond à la description !
- Tod exagère toujours les choses...
- Non je trouve qu'il t'as bien décris, tu veux quelques choses à boire ?
- La bouteille de Tekila est devant moi depuis quelques heures mais je cherchais quelqu'un pour l'ouvrir...
Un sourire se dessine sur ses lèvres. Il n'est pas très beau mais pas moche non plus. Un sourire super attirant et un petit charme qui ne laisse surement pas indifférentes certaines filles.
Nous buvons cul sec en même temps plusieurs shouteurs de tekila et les fous rires suivent.


Mon mal de tête insuportable me réveille. Je sors de la chambre où je me suis endormi comme une demi-douzaine de personnes. Cette soirée n'était pas mémorable mais elle était à la hauteur par rapport à d'autres. Je récupère mes vêtements secs et les range dans mon sac, je vérifie dans ma poche si mon argent est toujours là. Je récupère du tabac dans le paquet que je trouve sur la table, pique un paquet de feuille par terre aux côtés de la poubelle et sors dehors où le jour n'est pas encore levé. Marchant au bord de la route, je tend le pouce jusqu'à ce qu'une voiture approche, comme toujours. Il faut peu de temps pour qu'il y en ait une qui s'arrête. Le genre de grosse voiture américaine qui ne m'inspire rien. La vitre se baisse. Bordel de merde. Je continu ma route alors que la voiture me suit en avançant tout doucement.
- Lubna ! C'est bon jpeux te prendre en stop non ?!
Je m'acoude sur sa portière qui à la vitre grande ouverte et le regarde.
- Je suis persuadé que tu ne vas pas où je vais alors non ce n'est pas la peine, merci Tom.
- Aller s'il te plait ! J'vais sur Hambourg, tu vas où ? Tu veux que j'te ramène chez toi ?
- Tu vas à Hambourg ?
- Oui ! Y'a de la place, y'a juste Georg qui dort derrière mais tu peux monter devant, viens !
Je soupire. Dépose mon sac dans le coffre et monte à l'avant. J'attache ma ceinture et jette un regard derrière où le gars qui lui avait parlé au tékos dort. Le grand costaud aux cheveux longs. Il roule asser vite et je sens qu'il hésite à m'adresser la parole, mais je n'ai pas envie de parler, alors s'il te plait ne me parle pas.

- Cigarette ?
Je hoche la tête et prend une blonde qu'il me propose. Ca ne fera qu'empirer mon mal de tête mais tant pis.
- Merci.
Je la fume en silence lançant les cendres par la vitre ouverte. Nous ne nous adressons pas de mots suplémentaires, juste les mêmes gestes que nous effectuons presque en même temps avec nos cigarettes. Je n'aurais pas du monter dans cette voiture, il va insister pour que je fasse plus après. Mais me déposer à Hambourg me suffit, trouver un logement provisoire, un travail dans la journée et réfléchir à une chambre de bonne que je pourrais loué dans le quartier. Le costaud de derrière se réveille et je sens son regard sur moi, puis sur Tom.
- C'est qui celle là ? demande-t-il.
- Lubna, elle va à Hambourg alors je l'ai prise en stop.
- Mmm T'as pas un truc a manger par là ?
- On va s'arrêter dans une station service pour se ravitailler, ça te dérange pas Lubna ?
- Non pas de problême.

On s'arrête donc à une station, je descend sans trop savoir pourquoi, Gerog se dirige vers la boutique et Tom vers moi.
- Ca te fais chier que j't'emmène a Hambourg ?
- Non c'est...c'est juste que je m'attendais pas à ce que ce soit toi qui m'emmène las bas c'est tout.
- Excuse moi de t'avoir contrarié mais tu sais pour hier, ça m'a pas du tout déranger de payer...
- Moi si.
- J'peux te payer un petit déj' pour me faire pardonner ?
- Non c'est bon j'ai pas faim. Tu vas où exactement sur Hambourg ? demandais-je.
- J'te dépose où tu veux, on habite las bas alors on est pas à dix minutes près.
- Non tu vas me déposer là où tu vas t'arrêter, j'ai des jambes sous le cul c'est pas pour rien.
Il sourit à cette expression, me propose une deuxième cigarette que je refuse. Je préfère m'en rouler une.
- Autrement tu vas faire quoi sur Hambourg ?
- Cette question n'a pas de réponse pour toi, ce ne sont pas tes affaires !
- Ouais mais...t'as pas cours aujourd'hui normalement ?
- Qu'est-ce qui te dit que je vais à l'école ?
- Un gars me l'a dit hier matin quand je suis parti du tékos, c'est comme ça que j't'ai retrouvé. D'ailleurs j'ai trouvé ça dans la chambre.
Il me tend ma chaîne que j'étais persuader d'avoir perdue pour de bon hier. Celle que je porte depuis toujours autour du cou. Je la prend et la raccroche.
- Merci.
Je lui sourit.

Lorsque Georg revient avec des provisions nous reprenons la route en direction d'Hambourg. Malgré le fait qu'il soit plus qu'agaçant, chiant et très tétu, il ma tout de même rendu ma chaîne. La seule chose à laquelle je tient vraiment sur cette planète. Pour un début de route vers Hambourg, ça ne s'annonce pas trop mal. L'espoir fait vivre.
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#Posté le samedi 23 janvier 2010 01:52

Modifié le vendredi 05 février 2010 12:04

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